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En fait la fête remonte au 18ème siècle. Elle prend pour point de départ les malheurs conjugaux d'un brave savetier sonégien qui n'a eu qu'un seul tort: celui d'avoir épousé une femme "éné békéye trop voâdje". Trompé, il finit par lui faire scène sur scène. Un jour, excédée, c'est elle qui a fait ses paquets et s'en est allée. Lui, est resté tout seul, avec son chagrin et son humiliation. Ses amis ne se privaient pas de lui rire au nez et à la barbe, lui répétant avec un plaisir qu'ils ne cherchaient même pas à dissimuler, qu'il était trop Simple et trop Lourd. Et l'autre de se lamenter "Ah c'est ainsi que l'on console les malheureux et bien, "di va lêu z-aprinde". Et aussitôt, il se met à leur concocter une petite vengeance dont ils se souviendront longtemps. Un soir, il invite ses amis à un souper au jambon fumé; les convives s'attablent joyeusement, s'apprêtant à réserver le meilleur sort à la chère qui s'annonce fameuse... quand soudain voilà que leur couteau rechigne! Pas moyen de couper ne serait-ce qu'une languette! le savetier a un sourire en coin. Les amis comprennent alors qu'ils ont été dupés: le jambon n'est qu'un vulgaire morceau de bois peint. Entre temps, le savetier a offert un superbe jambon, un vrai cette fois, bien à point et on ne plus savoureux: "est ce qué d'ai l'er d'in simple? est ce qué d'ai l'ér d'in loûrd" Ne cesse t-il de répéter à ses amis. Un peu gênés et surtout forts gourmands, ceux-ci n'insistent plus trop. Le repas se termine gaiement mais les amis restent incommodés par le bon tour que leur a joué le savetier. Alors prenant, ici, un manche de brosse, là un fil de fer, trouvant ailleurs un vieux pantalon, une chemise et un haut-de-forme, ils bricolent un mannequin qui ressemble vaguement au savetier et, sans doute solidement éméchés, ils promènent cette effigie dans les rues de la ville, en criant en en riant bien fort, ce qui évidemment amène des gens aux fenêtres, dans la rue. Bientôt c'est un véritable cortège qui participe à la farce. Tous sont encore là, quelques jours plus tard, quand la bande d'amis brûle le mannequin après l'avoir exposé à une fenêtre. Cette affaire, les Sonégiens ne l'ont jamais oubliée. Depuis le siècle dernier, il la commémore chaque année lors de la grande kermesse d'automne. La Ducasse de la Simpélourd commence le samedi soir, un cortège sort dans les rues de la ville. Des fanfares, des gilles, les grenadiers, les géants Dudule et Joséphine et leurs invités, des majorettes et divers groupes folkloriques escortent Simpélourd, un sonégien en chair et en os, déguisé et grimé, qui est promené dans une voiture découverte, à travers la ville, il salue, lance des carabibis, une sorte de babelute locale. Ensuite Simpélourd est conduit à la Place Verte ù il apparaît à la fenêtre d'un café, la fanfare entonne "vive Soignies, vive Soignies, Simple et Lourd est descendu". Un dernier lancer de carabibis et Simpélourd se retire. Du moins le vrai. L'autre, le mannequin, prend alors sa place à la fenêtre jusqu'au mardi soir où il finira à la potence puis imbibé d'essence, au bûcher....Le bûcher où, au milieu des rondes, se consument toutes les vanités humaines. De cette finale, nos politiciens seront sans doute les premiers à se réjouir quand ils sauront qu'il fut une époque où SImpélourd caricaturait l'un ou l'autre personnage de la vie publique. Quand à ses cendres, les Sonégiens se faisaient plaisir de les jeter à la rivière. car ce n'est évidemment pas à des "Cayoteux", à des gens qui se sont toujours coltinés à la dure réalité de la pierre, qu'il faut en raconter. |

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